Website dedicated to the disaster of Malpasset

Detailed chronology of events that have marked the history of Malpasset dam (from 1865 to 1971)

Check out the chronology of events that have marked the history of Malpasset dam.

Dates

1934 1941 1942 1945 1946 1947 1948 1949 1950 1951 1952 1953 1954 1955 1956 1957 1958 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1970 1971

 

1865

  • A hydraulic engineer, Hoslin, assisted by Collet, presents to the elected representatives a proposal of dam on the Reyran with an height of 25 meters. The project will not materialize for lack of money.

 

1934

  • Honoré Victor, former surveyor native of Frejus, honorary mayor of Courbevoie, proposed a dam project in the Valley of Reyran containing the essential work of the engineer Hoslin. At the request of the Mayor of Frejus, Hyppolite Fabre, a commission of inquiry was formed to study the feasibility of the project. The conclusions of the committee are disappointing, there will be no more.

  

1941

Début

  •  July 27 : Honoré Victor Honoré send a new note on the design of a dam at Malpasset.
  •  October 21 : Honoré Victor presents his project to the City Council in the presence of Louis Eugene Joly, Mayor of Frejus. Deliberation is covered by the Prefect Lahilonne. There will be no direct follow after the death of its designer.

  

1942

Début

 First study of motorway in the north of the N7: radius 300m, 6% ramp, tunnels 646m, 88m and 150m

  

1943

Début

The Minister of Agriculture prescribes to the Agricultural Engineering of every department to draw up a general census of water resources and a works program to use these resources.

  

1945

Début

October 21 : legislative elections: Communist and Socialist head
  •  The Agricultural Engineering launched the study to the general census of water resources. The study is directed by the Engineer of Rural Engineering Gérard Maffre with the collaboration of geologist George Corroy, 51, of the University of Marseille.
  • September 23 and 30  : cantonal elections - Antoine Foucard, communist schoolteacher, was elected general counsel for the Township of Frejus.

 

1946

Début

3 janvier : Création du Commissariat Général du Plan (CGP) Objectifs ambitieux :
regagner dès 1948 le niveau de production de 1938 ;
atteindre en 1949 celui de 1929 ;
puis + 25 % à l’horizon de 1950.
Objectifs pas atteints en 1950, mais dépassés en 1952.
20 janvier : De Gaulle démissionne en désaccord avec la future constitution
8 avril : création d’EDF-GDF à partir de 869 sociétés
2 juin : élections législatives : Le MRP en tête
13 octobre : adoption de la constitution de la IVème république
10 novembre : élections législatives : le PCF en tête
 
  •  Foucard, présente un projet de barrage résultant des travaux du Génie Rural au Conseil Général du Var. celui-ci demande à la Préfecture d'en étudier la faisabilité.
  • 1er février : le préfet mandate Georges Corroy pour faire des recherches de sites : 6 sites sont étudiés.
  • 16 février : premier rapport de Corroy pour les Ponts et Chaussées pour un projet de barrage sur la Siagnole
  • 13 mars : Réunion du Conseiller Général. Corroy donne un avis géologique préliminaire favorable à un projet de création d'un bassin de retenue avec barrage de la vallée du Reyran au lieu-dit Malpasset.
  • 25 mai : Rapport géologique préalable de Corroy favorable au projet de barrage dans la vallée du Reyran. L’ingénieur en chef du Génie Rural Jacques Dargeou et l’ingénieur en chef des Pont et Chaussées André Bollard sont chargés d’établir les avant-projets.
  • 31 juillet : Vote des crédits
  • A la demande de Dargeou, sur les conseils du Ministère de l'Agriculture, en accord avec le préfet, on fait appel aux compétences d’André Coyne, 55 ans, Président de l'Association Internationale des Grands Barrages.
  • 15 novembre : rapport final de Corroy sur le site de Malpasset
  • 18 décembre : Séance du Conseil Général : les précautions à prendre, quant au choix d'un emplacement sûr, ont été définies par M. Dorie, rapporteur général à la Commission de l'hydraulique du Conseil Général : « Un autre projet qui cette fois se réfère à la région Sud-Est de notre département vous est aujourd'hui présenté par notre camarade Foucard. Il comporte essentiellement la création d'un barrage avec bassin de retenue sur le Reyran, au nord de Fréjus... J'ai spécialement étudié l'étude géologique pratiquée par le doyen Corroy, de la faculté des sciences de Marseille. Les conclusions en sont très favorables, tant en ce qui concerne l'étanchéité de la retenue que le peu de risque d'alluvionnements. Le seul problème un peu délicat semble être la détermination exacte de l'emplacement du barrage, à cause de la présence de nombreux filons de pegmatite, roche poreuse et facilement altérable».
  • Approbation du projet de barrage sur le Reyran par le Conseil Général.

  

1947

Début

Fondation du Bureau d'Etudes André Coyne et Jean Bellier (ACJB)
16 janvier : Election Vincent Auriol
5 mai : renvoi des ministres communistes et fin du tripartisme PCF, MRP et SFIO
5 juin : annonce du plan Marshall (11 milliards de dollars entre 1947 et 1952)
 
  • 9 mai : délibération du Conseil Général sur les études du barrage

 

1948

Début

Avril : début de l’application du plan Marshall
 
  •  29 janvier : le Conseil Général prend en considération un projet de barrage sur la Siagnole et demande au Ministère de l’Agriculture d’inscrire ce projet dans le programme de l’équipement national.
  • 10 août : adoption par le Ministère de l’Agriculture d’un projet de barrage sur le Reyran.
  • 1er octobre : construction d’un petit ouvrage pour effectuer des jaugeages en vue de la construction du barrage. Les mesures sont effectuées 3 fois par jour et 1 fois par heure en période de crue. La vitesse de l’eau est mesurée avec un petit moulinet.

  

1949

Début

20 et 27 mars : élections cantonales - André Giraud élu Conseiller Général pour le canton de Fréjus
 
  • 11 mai : premier rapport du géologue Corroy
  • 6 décembre : deuxième rapport de Corroy pour les Ponts et Chaussées – A noter que Corroy a été aidé par Simone Gueirard.
  • 29 décembre : le Ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme (MRU) approuve à son tour le projet de barrage sur le Reyran.

  

1950

Début

 11 février : Création du SMIC
 
  • 3 avril : rejet par le Ministère de l’Agriculture du projet de barrage sur la Siagnole proposé par les Ponts et Chaussées.
  • 1er septembre : arrivée de Louis Ottaviani, nouveau Préfet du Var
  • 25 septembre : discours du Préfet devant le Conseil Général
  • Octobre : visite des lieux par Corroy et Coyne (UNIQUE VISITE COMMUNE)
  • 17 octobre : réunion aux bureaux du Génie Rural à Toulon, suivie d’une visite des lieux (Fondurane et Malpasset)
  • 26 octobre : une très forte précipitation soudaine provoque le décrochement d’une passerelle située à 2m50 du déversoir du système de jaugeage et celle-ci est retrouvée à 10km en aval du site du barrage.
  • 15 novembre : Coyne pose par écrit les questions suivantes à Corroy :

 Y a-t-il de votre part, objection quelconque :

1. A déplacer l'ouvrage vers l'aval ?
2. A le surélever jusqu'à la cote 130 ?
3. La surélévation du plan d'eau jusqu'à la cote 130 pose-t-elle un problème d'étanchéité de la cuvette ?

Le géologue répond :

1. Non, il est possible de déplacer l'ouvrage de 200 mètres.
2. Il n'est pas possible de surélever le plan d'eau jusqu'à la cote 130.
    La cote 120 sera la cote maxima.
3. L'étanchéité de la cuvette n'est pas menacée par la surélévation de l'eau.
  • Fin novembre : Coyne choisit l’emplacement définitif à 200 m en aval de la position prévue initialement après avis favorable de Corroy.

  

1951

Début

17 juin : élections législatives
11 août : investiture du 2eme gouvernement René Pleven
7 et 14 octobre : élections cantonales
 
  • 1er novembre : élaboration des plans du barrage par le cabinet ACJB
  • 3 novembre : le Ministère de l’Agriculture agrée officiellement la construction du barrage de Malpasset.
  • 15 novembre : le contrat à passer entre le département du Var et ACJB en vue de régler les conditions d'intervention de ce cabinet pour l'étude du projet de barrage sur le Reyran ainsi que l'assistance technique et la réception des ouvrages est présenté par le préfet au Conseil Général.
  • Décembre : sondage de reconnaissance effectué par la société Gaillard de Marseille
  • 12 décembre : séance du Conseil Général qui valide le projet de construction du barrage. Monsieur Morel est désigné rapporteur du projet.
  • 15 décembre : un arrêté du Ministère de l’Agriculture accorde au Département une subvention de 300 millions soit 60% du coût estimatif en consent un prêt pour les 40% restants.
  • 18 décembre : délibération du Conseil Général qui donne à la commission Départementale et au Préfet mission de prendre toutes les décisions indispensables à la bonne marche des travaux.
  • 20 décembre : étude des offres, une commission administrative de concours est désignée. Présidée par le Préfet pour sélectionner la société qui réalisera le barrage.
  • 21 décembre : le contrat entre ACJB et le département du Var est signé.

  

1952

Début

Barrage de Tignes : plus haut barrage-voûte d'Europe (dont la hauteur atteint 181 mètres), conception Coyne et Bellier.
Février : Création du plan ORSEC
6 mars : investiture du gouvernement Antoine Pinay
 
  • Janvier : deuxième sondage de reconnaissance par la société Gaillard
  • 15 janvier : le Président de la société d'exploitation des mines de Garrot, Pierre-Jean Herbinger écrit au secrétaire Général de la Préfecture pour lui faire part de ses inquiétudes concernant l’inondation probable de ses mines en résultat de la construction du barrage.
  • 25 janvier : le groupe d’entreprises Léon Ballot et Gianotti frères est agrée et un marché est passé avec cette entreprise.
  • 25 février : le marché est passé avec l’entreprise Ballot.
  • 1er mars : ordre est donné de commencer les travaux
  • 1er avril : début des travaux
  • 8 juin : les travaux de construction du barrage de Malpasset, accumulant les eaux du Reyran et les eaux d'hiver du Biançon, sont déclarés d’utilité publique par arrêté préfectoral.
  • 17 juin : premier constat géologique : « Lorsque les quartz et feldspaths prédominent, le gneiss est compact et dur. Lorsque les micas blancs ou noirs sont abondants, le gneiss devient schisteux et dès lors altérable. ».
  • 19 juin : Corroy écrit à Dargeou, qu’il a examiné des coupes de terrain sur la rive gauche et il est heureux de souligner l’excellente impression géologique qu’il en a rapporté …
  • 4 juillet : délibération de la Commission Départementale : le Préfet est autorisé à charger le service du Génie Rural du contrôle et de la surveillance, pour le compte du département, des travaux de construction du barrage de Malpasset. Pour la surveillance des travaux, 2 agents contractuels sont envisagés. Aménager à proximité du chantier un local destiné au service de contrôle.
  • 19 août : deuxième constat géologique : « Le déroctage a mis en évidence un nombre extrêmement élevé de cassures d’amplitudes diverses bien que jamais très importantes. Ces petites failles se présentent souvent comme des zones d’altération dans lesquelles prennent naissance des produits argileux d’épaisseur variable.».
  • 22 août : rapport signé par un assistant de Corroy toujours très positif
  • 9 décembre : le Génie rural fait savoir à Corroy que l’exécution des fouilles donne lieu à quelques mécomptes, la roche n’étant pas aussi compacte qu’il avait été prévu et lui demande s’il veut assister à la visite de Coyne qui doit avoir lieu le 17 décembre 1952.
  • 17 décembre : visite de Coyne sans Corroy

  

1953

Début

8 janvier : investiture du gouvernement René Mayer
14 janvier : accord ministériel pour l’étude d’un projet de construction de l’autoroute
26 juin : investiture du gouvernement Joseph Laniel
Août : grèves générales
23 décembre : élection de René Coty à la Présidence
 
  • 15 janvier : avenant n° 1 au marché
  • 30 janvier : troisième constat géologique
  • 3 février : envoi du rapport signé Corroy toujours positif
  • 2 juin : Dargeou établit un rapport de synthèse sur l’alimentation en eau de la région Est du Var
  • 7 juillet : Dargeou adresse une lettre au siège du Génie Rural pour indiquer le blocage des travaux d’alimentation complémentaire du barrage (20M) et de ceux de la 1ere tranche mère d’adduction (80M).
  • 20 octobre : Dargeou écrit au Préfet pour transmission au siège du Génie Rural d’une demande de relèvement de la subvention.
  • 11 décembre : le Conseil Général s’engage à assurer la conservation en bon état de l’ensemble des ouvrages subventionnés par le Ministère de l’Agriculture et décide de prévoir un crédit d’entretien au budget annuel

 

1954

Début

Deuxième étude autoroutière : rayon mini 4300 m, rampe 5%, tunnels 320m, 1000m et 260m.
7 janvier : investiture de René Coty
7 mai : rédition de la position centrale de Diên Biên Phu
18 juin : investiture du gouvernement Pierre Mendès France
21 juillet : fin de la guerre d’Indochine
1er novembre : début de la guerre d’Algérie
 
  • 20 avril : fermeture de la vidange, mise en eau du corps principal du barrage
  • 27 août : définition d’un règlement d’eau approuvant le système géodésique choisi par Coyne et imposant d’entretenir les points de visée placés par le constructeur sur toute la face avale du barrage et de son couronnement.
  • 24 septembre : signature du marché initial pour la construction de la branche-mère pour un montant de 249.584.295 francs.
  • Octobre : achèvement du barrage
  • 28 octobre : Dargeou établit un rapport dans lequel il indique qu’à l’exception de quelques travaux de finition on pouvait considérer la construction du barrage achevée et propose au Préfet d’organiser la surveillance et l’entretien de l’ouvrage.
  • Décembre : achèvement des travaux prévus au marché et de ses avenants. Le Génie Rural demande au Préfet de faire étudier les déformations de la voûte pendant la mise en eau.
  • 8 et 23 décembre : Dargeou en accord avec Coyne écrit au Préfet Ottaviani pour lui signifier la nécessité et l’urgence de faire étudier par un organisme spécialisé les déformations de la voûte du barrage au fur et à mesure de la montée du plan d’eau.

  

1955

Début

Troisième étude autoroutière : rampe 4,5%, plus de tunnel.
23 février : investiture du gouvernement Edgar Faure
17 et 24 avril : élections cantonales – retour de Toussaint-Merle à La Seyne
 
  • 7 janvier : la Commission Départementale autorise la signature d’une convention avec la Société Générale de Photo Topographie (SGPT) pour les mesures de déformation.
  • 9 février : le Préfet Ottavioni, préside la cérémonie de la réception provisoire au nom de l'autorité de tutelle. Aucun vice de construction n'est décelé.
  • Septembre : premières mesures de déformation du barrage par la SGPT mises en place provisoirement sur l’initiative du Génie Rural. Il était stipulé dans la convention signée en 1956 que les travaux de 1er établissement devaient êtres effectués avant octobre 1955.
  • 12 décembre : séance du Conseil Général, Toussaint-Merle : « Il nous faut faire quand même une comparaison entre les sommes inscrites au budget pour Malpasset, que nous approuvons du point de vue financier, mais que nous ne pouvons pas approuver en tant que gestion... » « On nous parle d'un crédit de deux millions pour l'étude des déformations du barrage. Il n'est pas possible que, plusieurs mois après la fin des travaux, on n'ait pas commencé l'étude des déformations. Qu'est-ce que le Conseil Général a prévu actuellement ? Les travaux étant terminés, avec ou sans réception provisoire, a-t-on dégagé la responsabilité de l'entreprise qui a effectué les travaux ? Si on a fait la réception provisoire, quand fera-t-on la réception définitive ? »
    « Par conséquent, le bureau du Conseil Général reste sans contrôle technique puisque, si j'en crois le budget, on n'a pas encore entrepris l'étude des déformations. Et si on n'en est pas encore à la réception, le bureau du Conseil Général laisse sans service d'entretien et sans service d'exploitation la pièce maîtresse de l'aménagement de l'Est du département ».
    « Je pense donc que l'affaire de Malpasset n'a pas été menée, il faut le dire, dans des conditions suffisantes de sérieux. ».

  

1956

Début

2 janvier : élections législatives
1er février : investiture gouvernement Guy Mollet
28 février : 3eme semaine de congés payés
23 mars : déclaration d’utilité publique de l’A8 pour la section Puget-sur-Argens - Barbossi
 
  • 15 février : contrat entre le département et la SGPT. La mission est l’exécution d’opérations topographiques complexes nécessaires à la détermination de la déformation du barrage.
  • Juillet : deuxième campagne de mesures de déformation de la voûte par la SGPT
  • 8 juillet : transformation de la SARL ACJB en société anonyme, Coyne devient PDG à la place de Bellier gérant de la SARL
  • 17 juillet :  2eme avenant signé entre la préfecture et l’entreprise Ballot & Giannotti
  • 27 juillet : le Conseil Général examine la question de l’exploitation de l’ensemble d’alimentation en eau et estime qu’elle mérite une étude plus approfondie et renvoie l’affaire à une date ultérieure.
  • 1er août : deuxième réception provisoire
  • 27 septembre : lancement des travaux pour la future autoroute Estérel-Cote d’Azur qui doit relier  Fréjus à Cagnes-sur-Mer.

  

1957

Début

  • 1er février : visite du barrage par la Commission de l’hydraulique du Conseil Général dont l’ordre du jour est : « Visite du Conseil Général avant la réception définitive ».
  • 13 février : séance du Conseil Général sur la réception définitive. Malgré les assurances de Coyne, le principe de la réception définitive ne peut pas être arrêté. Le procès-verbal de réception définitive de l’ensemble des travaux est malgré tout signé par le Secrétaire Général de la Préfecture, le Préfet étant absent.
  • Mars : Arrivée du nouveau Préfet Jean-Charles Rouliès (préalablement dans le Tarn).
  • 12 avril : signature d’un avenant pour la construction de la branche-mère.
  • Juin 1957 : article dans Nice-Matin sous la plume de Jean de la Vanne, pseudonyme de Pierre-Jean Herbinger, patron de la Société des Mines de Garrot : « Est-il exact que, si le barrage du Reyran a fait couler beaucoup d’encre à défaut de la moindre goutte d’eau, c’est parce qu’on se serait rendu compte après coup que, dans le cas où sa mise en eau - qui n’est toujours que partielle - serait amenée à la cote prévue, la pression subie par le barrage risquerait d’avoir sur lui de graves conséquences, conséquences que les auteurs du projet n’avaient, certes, pas prévues ? ».
    Réponse du Maire de Fréjus Giraud : « Or, vous mentez, écrivant que la mise en eau, à la cote normale du barrage de Malpasset n'a pas été ordonnée parce que la pression de l'eau risquerait d'avoir sur l'ouvrage de graves conséquences.
    Ce que vous ne pouvez ignorer, Jean de la Lune, c'est que l'auteur du projet est Mr Coyne, Inspecteur général et Président général de la Société d'étude des barrages de France.
    M. Coyne a construit à ce jour plus de quatre vingt retenues sur des oueds, sur des rivières, sur des fleuves et des torrents.
    M, Coyne vient de se voir confier par le gouvernement d'Afrique australe l'étude d'un barrage sur le Zambèze. Cet ouvrage retiendra un 1 milliard 600 000 m3, soit trente cinq fois plus que celui du Malpasset qui, à son plan d'eau maxima, emmagasinera à peine 45 millions de m3 … 
    »
  • Novembre 1957 : les ouvriers du chantier de l'autoroute Estérel-Côte d'Azur déclenchent, à moins de 300 mètres à vol d'oiseau du barrage, des tirs de mines importants. André Ferro faisant sa ronde sur la voûte ressent sous ses pieds la déflagration.

 

1958

Début

20 et 27 avril : élections cantonales
1er juin : nomination du Général de Gaulle à la Présidence du Conseil
4 octobre : constitution, texte fondateur de la 5eme République
23 et 30 novembre : élections législatives
 
  • 16 janvier : soit 4 ans plus tard, Dargeou attire à nouveau l’attention du Préfet sur la nécessité absolue de prendre une décision concernant la surveillance, l’entretien et l’exploitation
  • 4 février : nouvelle demande de Dargeou qui attire l’attention du Préfet sur la nécessité de prendre une décision
  • 7 février : conférence pour étudier les effets des tirs pour l’autoroute comprenant les responsables du Génie rural, surveillant les travaux du barrage, ceux des Ponts et Chaussées responsables de l'autoroute et des ingénieurs du cabinet ACJB.
  •  19 février : rapport de l'ingénieur Post du Cabinet ACJB dont les conclusions rassurantes formulent que les tirs n’ont aucun inconvénient pour le barrage.
  • Juillet : troisième campagne de mesures de déformation
  • 8 octobre : nouvelle demande de Dargeou pour la surveillance
  • 15 octobre : présentation au Conseil Général des plans de la maison du gardien. Celui-ci résidait alors dans la maison de l’Ingénieur du Génie Rural Maffre et utilisait le téléphone du chantier.
  • Novembre : les ingénieurs des Ponts & Chaussées et du Génie Rural établissent un rapport pour la surveillance du barrage
  • 1 décembre : la SGPT demande autorisation de transmission des résultats de mesure à ACJB
  • 13 décembre : Dargeou autorise la transmission
  • 17 décembre : demande de révision de prix par la SGPT adressée au Préfet
  • 19 décembre : le Génie Rural se voit confier la gestion de la branche mère du barrage et de son réseau. Par décision provisoire du Conseil Général qui décide également la construction de la maison du gardien. Le bâtiment n'a jamais été construit.

   

1959

Début

9 janvier : création de l'émission de télévision 5 colonnes à la une
8 et 15 mars : élections municipales


  • 19 janvier : notification de la décision de confier la gestion de la branche mère par le Conseil Général au Génie Rural
  • 31 janvier : réception provisoire de la première tranche de la branche-mère.
  • 1er février : départ de l’ingénieur en chef du Génie Rural Jacques Dargeou pour Marseille, remplacé par Léon Nourrit
  • 2 février : l'ingénieur Post écrit à Nourrit pour lui dire que les mesures effectuées par la SGPT ne révélaient rien d’anormal et qu’il était demandé de poursuivre les auscultations régulières et aux normes précisées dans le courrier.
  • 26 mars : André Léotard (52 ans) devient Maire de Fréjus
  • Mai : mise en service attendue de l’irrigation des basses vallées du Reyran sur une zone pilote de 220 ha
  • 2 mai : accord de la Commission Départementale à la révision du prix du contrat avec la SGPT.
  • 19 mai : séance du Conseil Général : sur une demande du Conseiller Général du canton de Lorgues, Monsieur E. Soldani, le Président de l'Assemblée départementale, le Docteur Cauvin répond : « Nous avons eu hier l'assurance, confirmés par Monsieur QUESNEL, inspecteur Général du Ministère de l'Agriculture, que la cuvette du bassin du Reyran est sûre d'après les géologues. ».

Une avance de 27 millions au département avait été prévue pour commencer les travaux de sondage et d'investissement dans le barrage. Monsieur l'Inspecteur Général QUESNEL avait estimé que 8 millions suffiraient parce qu'il est inutile de faire les sondages comme on les fait habituellement pour ces sortes de barrages. En effet, on est certain d'avoir un ancrage très sûr.

  • 25 mai : au cours d’une réunion du Conseil Général, le Maire de Fréjus fait état de la lenteur des pourparlers avec EDF et le Ministère de l’Agriculture au sujet de la dérivation prévue entre le futur barrage de Saint Cassien et Malpasset et de la non inscription de l’ouvrage au plan de modernisation 1959-1960. La liaison devait fournir un complément d'eau à la retenue de Malpasset.
  • Juillet : Campagne de mesures : les relevés font apparaître un déplacement de 17 mm à la cote 54. Le géologue de la société ne s’inquiète pas.
  • 9 novembre : envoi du rapport de mesure au Génie Rural
  • 14 novembre : le Génie Rural reçoit le rapport sur les relevés de Juillet.
  • Mi-novembre : niveau d’eau à 7 m en dessous de la crête.
  • 19 novembre : transmission du rapport visé par Nourrit et Brun du Génie Rural à la Préfecture du Var avec conclusion que la déformation constatée n’est pas anormale et ne compromet pas la solidité de l’ouvrage.
  • 27-28-29 novembre : les écoulements en aval s’intensifient. L’eau est à la cote 95.75. L’ingénieur Brun constate la présence de nombreux suintements notamment au dessus de la culée et une venue d’eau plus importante sur la rive droite. Il estime que c’est soit une source naturelle soit une infiltration profonde en provenance de la retenue. Il convoque les représentants des entreprises Bachy et Ballot sur place pour le 7 décembre, soit 5 jours après la catastrophe.
  • 30 novembre : Le Génie Rural informe les Ponts & Chaussées qu’il souhaite procéder à une lâchure, mais celui-ci demande d’attendre pour ne pas endommager les ouvrages en construction en aval.
  • 1er décembre : après quinze jours de déluge, la mine de Garrot est noyée et, vanne ouverte ou vanne fermée, rien ne peut plus empêcher l’eau de passer par-dessus le déversoir et de mettre à mal les piles du pont de l’autoroute. Le dispositif automatique d’ouverture de la vanne ne s’active pas parce que son réglage nécessite d’atteindre au préalable la cote 100.

 

2 décembre

Début

 Anniversaire de la bataille d’Austerlitz
 
  • Début de l’après-midi : conférence près du barrage
  • 16 heures : demande d'ouverture de la vanne
  • 18 heures : ouverture de la vanne
  • 21h14 : le barrage cède
  • 21h17 : baisse de tension enregistrée au dispatching sud-est de l’EDF à la suite de la chute d’un pylône de tension.
  • 21h20 : la vague engloutit les fermes d’Andretti, la maison d’André Ferro, le chantier de l’autoroute, la maison des Trujillo
  • 21h30 : la vague atteint la maison des Infantolino, la maison du goal Maximilien Gil. La maison d’André Capra et de ses locataires : la famille du sergent Boule. Début de l'émission de télévision La Piste aux Étoiles
  • 21h35 : la vague atteint le transformateur de l’EDF et plonge Fréjus dans l’obscurité
  • 21h40 : le flot atteint la rue de Verdun et les Arènes de Fréjus
  • 21h45 : l’eau envahit la gare de Fréjus et le quartier de Fréjus Plage
  • 21h49 : l’autorail Marseille-Nice est submergé. La ferme Risso est entourée par les eaux.
  • 21h50 : le torrent arrive à la mer, inondant la base aéronavale et basculant le hangar de la Goupille.
  • 22h15 : le tocsin sonne à Fréjus coupée du monde.
     
  • 3 décembre : le Conseil des Ministres décide d’ouvrir une enquête sur les circonstances de la catastrophe. Réné-Georges Laurin, député UNR du Var demande au Ministre des Travaux Publics l’ouverture d’une enquête technique sur le barrage.
  • 5 décembre : ouverture d’une plainte contre X des chefs d’homicides et blessures involontaires par le juge d’instruction Minot de Draguignan. L’officier de Police Gaudin est chargé de l’enquête.
  • 5 décembre : les Conseillers Généraux du Var déclarent : « Non, nous ne sommes ni des accusateurs ni des juges. Nous n'avons pas non plus à être des avocats. Nous n'accusons personne. Mais nous sommes des hommes bouleversés par l'ampleur de la catastrophe imprévisible qui a semé la mort, alors que nous avions voulu, nous, faire une œuvre de vie. ».
  • 5 décembre : arrêté du Ministère de l’Agriculture nommant une Commission Administrative chargée d’enquêter sur les causes de la rupture
  • 9 décembre : les actualités traitent de Fréjus
  • 12 décembre : par Ordonnance du Magistrat Inspecteur désignation d’un comité d’experts
  • 14 décembre : session publique extraordinaire du Conseil Général à Draguignan. Intervention remarquée du Conseiller général Le Bellegou.
  • 17 décembre : visite du Général de Gaulle à Fréjus, il s'adresse aux survivants : « Je dois dire et vous l'avez tous sentis, l'élan de solidarité du pays tout entier en faveur des sinistrés. Cet élan a ces conséquences que vous apercevez déjà. Monsieur le Maire en a d'ailleurs parlé et pour ce qui concerne la reconstruction nous ferons le nécessaire mais avant tout, je tenais à ce que vous sachiez quels sont mes sentiments à cet égard et les sentiments du pays tout entier. Voilà ce que je voulais vous dire bien simplement. ».
  • 21 décembre : intervention de François Billoux, Député du Var, à l’Assemblée Nationale

   

1960

Début

  • Janvier : le professeur Roubault, Directeur de l'Ecole Nationale de Géologie de Nancy, membre de la commission d'enquête, déclare : « Le coupable n'est pas un caprice de la nature et nous trouverons la vérité, il n'y a pas eu d'études géologiques sérieuses.».
  • Déclaration d’un conseiller général PC du Var qui précise : « La capacité de résistance de l'ouvrage n'a jamais été éprouvée. La mise en eau a été interrompue pendant plusieurs années. Ce barrage, qui était destiné a priori à alimenter en eau potable plusieurs villes de la côte, avait été conçu pour permettre l'irrigation des vallées en contrebas. Or, ces canaux d'irrigation, qui auraient soulagé la pression sur la voûte de béton, n'ont jamais été creusés. ».
  • 5 février : 5 colonnes à la Une : interview du gardien Ferro
  • 17 février : rapport géologique de Jean Goguel
  • 29 février : rapport provisoire de la Commission Administrative
  • 26 mars : publication du rapport de la Commission Administrative
  • 7 avril : audition par le juge Minot de Corroy et de Dargeou en présence des experts
  • 8 avril : les experts de la Commission Administrative se rendent à Malpasset avec M. Rolland procureur de la République, le juge Minot et André Duporet commandant de la compagnie de gendarmerie de Fréjus.
  • 9 avril : audition du géologue Marcel Roubault par le juge Minot
  • 21 juillet : décès d’André Coyne

   

1961

Début

  • 10 février : rapport de la Commission d’enquête technique
  • 21 juin : Dargeou est inculpé d’homicides et blessures involontaires
  • 13 novembre : Dargeou sollicite une contre-expertise

  

1962

Début

  • 7 mai : nomination du comité d’experts pour la contre expertise

  

1963

Début

  • 7 décembre : témoignage du géologue Gazeau de la SGPT « Je n’avais pas à estimer si ces déformations étaient normales ou pas, cette estimation n’entrant pas dans le cadre de mon travail. Je peux dire cependant que compte tenu des hypothèses sur les déformations établies par ACJB, ces déformations ne m’ont pas paru anormales car elles entraient dans le cadre de celles prévues dans ces hypothèses »

  

1964

Début

A la suite de la catastrophe de Malpasset : le Général de Gaulle, a eu l’idée d’impliquer l’armée dans le domaine des risques naturels. En 1964 la toute première unité de sécurité civile fut créée à Brignoles avec des objecteurs de conscience encadrés par des membres des groupes mobiles de sécurité. Deux autres formations de ce type sont aujourd'hui respectivement implantées à Nogent-le-Rotrou et à Corte.

  • 13 mai : ordonnance du Juge d’instruction contre Dargeou
  • 21 octobre : ouverture du procès contre Dargeou
  • 22-23-24-26 et 27 octobre : audiences du procès. Les experts Caquot, Mary, Drouhin, Barbier, Biarez, Haegelen et Escande maintiennent les conclusions de la contre-expertise.Jacobson, Casteras, Roubault et Gridel maintiennent l’insuffisance notoire des travaux de prospection et des essais géotechniques (7 contre 4). Gosselin, Martin, Duffaut et Talureau parlent d’imprévisibilité alors que Goguel conteste dans la mesure où tout ce qui devait être fait ne l’a pas été.
  • 29 octobre : réquisitions du Ministère Public
  • 30 octobre : plaidoirie de la défense
  • 25 novembre : Tribunal correctionnel de Draguignan : relaxe de Jacques Dargeou, celui-ci déclare en sortant du Tribunal : « Je ne suis pas un constructeur de barrage ! »

       

1965

Début

  •  17 novembre : Tribunal correctionnel de Draguignan – relaxe de :
 - Léon Nourrit remplaçant de Jacques Dargeou - Ingénieur en chef du Génie rural du Var
 - Jean Bellier - Directeur d’ACJB
 - Raymond Martin et Jean Kaufman – Gérants de la SGPT

  

1966

Début

  •  26 avril : Cour d’appel d’Aix-en-Provence : Rejet du pourvoi en appel
  • 13 juin : décret instituant un comité technique permanent des barrages

 

1967

 Création du Comité Français de Mécanique des Roches

  • 7 décembre : Cour de Cassation – Chambre criminelle : Rejet du pourvoi en cassation

  

1970

Début

  • 14 août : circulaire n° 70/15 sur l’inspection et la surveillance des barrages intéressant la Sécurité publique. Ce document est la conséquence directe de la catastrophe de Malpasset.

  

1971

Début

  • 28 mai : Département du Var c/ Bec Frères : face à la catastrophe provoquée par la rupture du barrage, le juge administratif considère qu’une condition à la reconnaissance de la force majeure (événement étranger, imprévisible, irrésistible) n’était pas remplie puisque la rupture du barrage a été due à l’expulsion de la roche à l’aval immédiat de l’ouvrage sous la pression de l’eau retenue par ce dernier (cause non extérieure au barrage). La responsabilité du maître d’ouvrage est donc retenue.
  • 22 octobre : la ville de Fréjus avait la qualité d’usager du barrage en ce qui concerne les dommages subis par son réseau de distribution d’eau, mais elle avait la qualité de tiers en ce qui concerne les dommages encourus sur ses biens autres (voies urbaines, monuments publics et plages, installations d’assainissement ou destinées à l’éclairage public, etc.). La vile de Fréjus a donc droit à réparation des dommages subis du fait de la rupture du barrage par ses biens à l’exclusion de ceux causés au réseau de distribution d’eau.